LE CODE INTERNATIONAL 2007
Expliqué à ceux qui en ont besoin

Loi 24  - carte exposée ou attaquée avant la période du jeu

 

Le titre de la version 1997 précisait « … au cours des annonces ». La version 2007 « … avant la période du jeu ». Où est la différence ?  Si on se réfère aux définitions, le processus des annonces commence dès la première déclaration. Mais que se passe-t-il avant d’y arriver ?

Il y a le moment où le joueur retire les cartes de l’étui (ou les prend sur la table lors de la première distribution). Il constitue le « début de la période des annonces » après quoi  «les annonces» se poursuivent normalement comme prévu  au &C de la Loi 17- déclaration successive.

 

Il est logique qu’après les avoir commencées il faut bien terminer ces annonces. On a décrété que la «fin des annonces » survient  

-          soit lorsque les quatre joueurs ont passé successivement (pas de passe hors tour)

-          soit lorsqu’une déclaration a été suivie de trois passes consécutifs (sans passe hors tour)

Pas d’autres déclarations possibles par conséquent dès qu’une de ces conditions est remplie.

 

Mais ce n’est pas tout. La «fin des annonces»  met fin à  «la période des annonces »  qui survient dès que n’importe lequel des joueurs de la défense expose la carte d’entame, à son tour ou hors tour peu importe. Et bien entendu, avec toutes ces fins prend également fin « la période de clarification», c’est à dire «l’intervalle existant entre la fin des annonces et la fin de la période des annonces».

Cela n’explique que le contenu du titre. Pour le contenu de la Loi, il faut la lire attentivement et comparer :

 

Lorsque, au cours des annonces, l’arbitre détermine  qu'à cause de l'action d'un joueur, une ou plusieurs cartes de la main de ce joueur étaient placées de telle manière que leur face ait pu être vue par son partenaire….

 

- si le joueur fautif devient joueur de la défense, le déclarant peut traiter chacune de ces cartes comme une carte pénalisée (Loi 50).

Lorsqu’au cours de la période des annonces, l’arbitre détermine qu’à cause de sa propre erreur un joueur aurait tenu une ou plusieurs cartes de sa main de manière  telle que son partenaire ait pu en voir la face.

 

Le texte ci-contre n’existe plus dans la version 2007.

 

Bien qu’exprimant la même idée, le texte 1997 comporte des redondances inutiles qu’il fallait supprimer. Le texte 2007 s’y emploie et de façon bien précise : « … qu’à cause de sa propre action … ».  Il ne peut être responsabilité de l’action d’un autre joueur qui aurait indûment découvert l’une de ses cartes (« ses » se référant au joueur dont on a découvert la carte).

Pour le joueur fautif, rien n’interdit d’appliquer la Loi 7_&B_3 dont il faut retenir que par jeu il faut entendre « l’ensemble des déclarations et du jeu de la carte d’un étui ». On a également expurgé la Loi  de la possibilité donnée au futur déclarant de traiter chacune de ces cartes comme une carte pénalisée (Loi 50) ». Le  propos n’était d’ailleurs pas tout à fait à sa place et  faisait de plus double emploi avec la Loi 50.

Quoiqu’il en soit, seul l’arbitre peut décider de pénaliser des cartes exposées de telle manière. L’exposition d’une ou plusieurs cartes pendant les annonces n’est jamais volontaire et moins fréquente que pendant le jeu de la carte. L’arbitre, essaie d’établir les faits avec le plus d’exactitude possible. La carte a pu lui échapper des mains du joueur et il n’est pas évident que le partenaire en ait vu la face. Assez souvent il n’a rien vu du tout,  seuls les accusateurs soutiennent le contraire.

 

Par contre, si le partenaire a bien vu la carte exposée

1/- accidentellement l’arbitre décidera en fonction du rang de la carte :

- s’il s’agit seulement d’une petite carte, on n’en tient pas compte et tout continue normalement sans autre rectification (que celle d’être traitée comme carte exposée)

- s’il s’agit d’un honneur, le partenaire du joueur fautif doit passer à son prochain tour de déclarer

- s’il s’agit de deux ou plusieurs cartes, quelle que soit leur hauteur, le partenaire du joueur fautif doit passer à son prochain tour de déclarer

2/- volontairement par une attaque prématurée  :  honneur ou  carte de n’importe quelle hauteur, le joueur fautif doit passer à son prochain tour de déclarer

 

De telles procédures engendrent quelquefois des situations dont les seuls bénéficiaires seront les joueurs fautifs. Avoir été privé de parole, a évité la demande d’un contrat impossible ou encore de contrer un contrat que rien ne pouvait faire chuter. Ce n’est qu’à la fin du jeu qu’il sera possible d’évaluer le préjudice résultant de l’obligation de passer et non pas au moment où l’infraction est constatée. Regarder  la main d’un joueur qui commet une infraction au cours des annonces et expriment une quelconque opinion véhiculera forcément une information illicite.

De toute façon à ce stade là, on ne sait pas encore si le fautif  appartiendra au camp du déclarant ou au camp des défenseurs. Examinons ces deux probabilités :

- celle où le camp fautif s’est adjugé le contrat final. Il ne saurait être question d’imposer quoi que ce soit au déclarant. Les cartes exposées réintègrent sa main ou celle du mort selon le cas et on n’en parle plus. Le flanc peut utiliser les informations qu’il croit pouvoir retirer des cartes exposées,  mais  à ses propres risques et périls

- celle où le camp fautif est en défense. La ou les cartes exposées restent bien visibles sur la table et aucune action ne peut être entreprise tant que le déclarant n’aura fait son choix selon les dispositions de la Loi 50 que nous verrons ultérieurement mais que nous pouvons parcourir dès maintenant :

 

      1/- le partenaire du joueur fautif est à l’entame :

-          il devra attaquer dans la couleur spécifiée par le déclarant

-          il ne peut attaquer la couleur de la carte exposée tant qu’il est en main,

-          le déclarant peut le laisser libre de son choix

 

      2/- le joueur fautif est à l’entame,

-          s’il détient une carte pénalisée principale, il doit la jouer immédiatement 

-          s’il détient une carte pénalisée secondaire, il n’y a pas d’obligation à la jouer immédiatement. Mais il ne peut la remplacer que par l’attaque d’un honneur de la même couleur. La carte pénalisée reste carte pénalisée.

-          s’il détient deux cartes pénalisées, il attendra que le déclarant  ait fait son choix

 

 Exemple - E/O vulnérable – N/S non vulnérable

 

 

ª

V4

 

Sud

Ouest

Nord

Est

©

D10743

3 SA

passe

passe

? réfléchit

¨

64

Ouest fait tomber le 10 de Trèfle

§

8764

 

 

 

 

ª

2


N
O      E
S

ª

AR98765

 

 

 

 

©

10965

©

AV

 

 

 

 

¨

105

¨

32

 

 

 

 

§

AD10932

§

R2

 

 

 

 

 

ª

D103

 

 

 

 

 

©

R2

 

 

 

 

¨

ARDV987

 

 

 

 

§

V

 

 

 

 

 

Après explication de la Loi 50&D par l’arbitre, le déclarant est informé qu’en présence d’une carte exposée principale les deux adversaires peuvent être soumis à des restrictions.

Ouest, dont c’est le tour de jouer, ne peut subir dans le cas présent de restriction. Il  DOIT jouer sa carte pénalisée principale à la première occasion.

Par contre, Sud peut soumettre Est à une restriction d’attaque en lui interdisant de continuer à trèfle et ce tant qu’il garde la main.