LE CODE INTERNATIONAL 2007
Expliqué à ceux qui en ont besoin
A. Déclaration par inadvertance
1. Tant que le partenaire n’a pas déclaré, un joueur peut substituer la déclaration qu’il avait l’intention de faire à celle faite par inadvertance, mais seulement s'il le fait, ou tente de le faire, sans se donner le temps de réfléchir. La deuxième (intentionnelle) déclaration est maintenue et assujettie à la loi appropriée.
2. Aucune substitution de déclaration ne peut être faite si le partenaire a déclaré ultérieurement
3. Si les annonces se terminent avant d’arriver au partenaire du joueur aucune substitution ne peut avoir lieu après la fin de la période des annonces (Loi 22).
4. Si une substitution est acceptée, l’ AdvG peut retirer n’importe quelle déclaration qu’il aurait fait sur la première déclaration. L’information résultant du retrait n’est autorisée que pour son camp. Il n’y a pas d’autre rectification.
1. Une déclaration de remplacement non permise comme indiqué dans le &_A peut être acceptée par l'Adv. G* du joueur fautif. ( Elle est acceptée si l’AdvG déclare sur elle intentionnellement.) La première déclaration est alors retirée, la deuxième déclaration est maintenue et les annonces continuent
2. A l’exception de la situation prévue au paragraphe B1, une substitution non autorisée comme indiqué au paragraphe A de cette Loi est annulée. La déclaration d’origine est maintenue et les annonces continuent.
3. Les déclarations retirées ou annulées restent assujetties à la Loi 16D.
Mon premier commentaire : enfin ! les dispositions du paragraphe B de l’édition 1997 ont été supprimées. L’arbitre n’aura plus à se couper en quatre pour essayer d’expliquer aux QUATRE joueurs les conséquences injustes que le camp non fautif avait à subir de la part des joueurs qui avaient commis l’infraction. Ils pouvaient modifier leurs annonces comme ils l’entendaient comme si de rien n’était et ceux qui devaient payer les pots cassés étaient les joueurs non fautifs. En clair, le camp fautif recevait une prime de 40% et le camp non fautif récotait un zéro. Le moins qu’on pouvait dire est qu’il s’agissait là d’une drôle de mesure d’équité.
Un comble….qu’on a mis dix ans à rectifier…Mieux tard que jamais ! Il a été toujours incompréhensible que le Code autorisa un changement de déclaration après réflexion alors qu’il interdisait de retirer une carte déjà jouée, peu importe si elle résultait d’une erreur des plus grossières.
La suite du commentaire :
Il faut tout d’abord se persuader que “par inadvertance” le Code entend toute déclaration commise par défaut d’attention ou par étourderie, etc. Par conséquent, cette Loi ne se rapporte qu’aux déclarations faites à cause de cela. On peut en déduire qu’une deuxième déclaration faite après quelques instants de réflexion implique que la première était volontaire et non accidentelle.
Il s’agit donc plus d’un changement d’intention quede la volonté de remplacer une déclaration involontaire. Qu’elle ait pu être des plus absurdes n’a rien à voir avec le sujet qui nous intéresse. En la faisant, le joueur a exprimé sa première intention (peut importe que ce soit par inattention ou étourderie).
Rien ne change donc pour le &_A_1 : si un joueur fait une déclaration par inadvertance et la remplace immédiatement sans pause pour réfléchir, par celle qu’il avait l’intention de faire, il n’y a pas d’infraction. Par pause il ne faut pas entendre le temps que nous consacrons à notre pause café ou pour faire la sieste, mais la pause musicale ou mesure de silence de l’équivalence d’une ronde c’est à dire, l’interruption du son presque imperceptible d’une ou plusieurs mesures.
Pour le paragraphe a_2, il va de soi, que si le partenaire a eu le temps de faire une déclaration, un temps de réflexion s’est forcément écoulé entre la première déclaration et celle de remplacement (à moins que la seconde n’ait été faite dans la foulée et hors tour).
Le seul problème pour l’arbitre est d’établir la véracité des faits que les adversaires souvent contestent : est-ce que le joueur a remplacé son premier carton vraiment sans se donner le temps de réfléchir ou après une imperceptible pause de réflexion (longue ou courte, peu importe) ?
Il se peut qu’une fraction de temps se soit écoulée entre l’action de prendre et l’action de remettre le carton dans la boîte afin de corriger l’erreur. On ne peut tout de même pas exiger que cela soit fait à la vitesse de l’éclair.
Lorsqu’il n’y a pas de pause, les quelques secondes de plus ou de moins n’ont pas autant d’importance que la rectification elle-même car elle laisse planer sur la qualité de la première enchère :
- est-elle le fruit d’un choix erroné de carton que le joueur veut remplacer ?
- est-elle le fruit de la saisie de plusieurs cartons à la fois (collés l’un à l’autre)
- est-elle le fruit d’un défaut visuel d’un joueur daltonien qui confond le vert et le rouge ?
- est-elle le résultat d’un lapsus linguae tellement évident qu’on ne saurait imaginer un seul instant que la première déclaration aurait pu être envisagée même par un débutant
- n’est-elle pas le fruit de la pause observée pour régler au barman le verre de whisky commandé quelques instants auparavant ,
- n’est-elle pas le résultat d’une erreur évidente dont la rectification est encore plus évidente même si précédée par quelques secondes de réflexion ?
Les causes d’une erreur sont donc multiples et toutes ne peuvent pas être quantifiées en temps et pleinement justifiées. On ne peut d’ailleurs parler d’erreur que si la déclaration de remplacement ne véhicule aucune information illicite. Les exclamations telles que « oh, non pardon… je me suis trompé… » et autres du même style n’ont pas à être considérées comme des combines destinées à gagner du temps, mais tout simplement comme des interjections directement liées au désappointement de s’être trompé :
|
ª |
D87 |
|
ª |
6 |
Ouest ouvre de 1 §, Nord passe. Est met le carton 1ª sur la table mais à peine se rend-t-il compte de son erreur qu’il balaie les cartons devant lui avec une telle précipitation qu’il les fait tomber par terre. |
|
© |
R943 |
© |
ADV65 |
||
|
¨ |
ADV |
¨ |
R432 |
||
|
§ |
V1098 |
§ |
R43 |
« Quelques secondes » s’écoulent avant qu’il ne pose le carton de 1 © devant lui. Sud appelle l’arbitre en lui expliquant que le carton de 1ª ayant été posé sur la table, l’enchère doit être considéré comme faite. La seule bonne décision que l’arbitre doit prendre est alors d’autoriser la rectification en la considérant comme faite sans pause pour réfléchir malgré les 3 ou 4 secondes qui se sont écoulées entre les deux actions.
Est-il possible que le répondant ait pu un seul instant envisager la réponse de 1 ª ?
Non. L’erreur de carton est manifeste ainsi que l’absence d’intention.
|
ª |
6 |
|
ª |
ARD |
Ouest ouvre de 1¨. Nord et Sud passent tout le temps. |
|
© |
RDV6 |
© |
4 |
||
|
¨ |
R432 |
¨ |
DV109 |
||
|
§ |
RV73 |
§ |
AD1098 |
|
Ouest |
Nord |
Est |
Sud |
|
1 ¨ |
passe |
2 § |
passe |
|
3 § |
passe |
3¨ |
passe |
|
3 © |
passe |
4 SA (bw) |
passe |
|
5¨ ... oh non … 5 § |
Arbitre ! |
|
|
La rectification est inadmissible. Elle peut résulter d’une erreur de réponse à l’interrogative, donc intentionnelle. Faut-il se montrer sévère, très sévère et pénaliser immédiatement ou attendre la suite ?
Tout dépend de l’arbitre. Ce jour-là l’arbitre, connaissant l’honnêteté et la sportivité de l’excellent joueur assis en Est, fit continuer les enchères et la séquence se termina ainsi :
|
Ouest |
Nord |
Est |
Sud |
|
1 ¨ |
passe |
2 § |
passe |
|
3 § |
passe |
3¨ |
passe |
|
3 © |
passe |
4 SA (bw) |
passe |
|
5¨ .. non … 5 § |
Arbitre ! |
|
passe |
|
Après longues explications et interrogations, les enchères continuent ainsi : |
|||
|
5 § |
passe |
6 ¨ |
passe |
|
passe |
contre |
|
|
Bien que connaissant l’absence de deux As, Est ne tient pas compte de l’information illicite et demande 6¨ pour moins un et un zéro pointé. Une pénalisation immédiate aurait-elle apporté une meilleure note au camp non fautif et plus de satisfaction à l’arbitre ? Je ne me suis jamais posé la question.
Avant de passer aux exemples et pour ajouter un peu d’humour à la monotonie du sujet, ouvrons une parenthèse en nous référant à la Loi 30_&B3 : “après qu’un joueur a fait une enchère, un Passe hors tour fait alors que le tour de déclarer était à l’Adv.G est considéré comme un changement de déclaration et on applique la Loi 25.
La clarté est telle qu’elle permet de poser une devinette : «si le tour de déclarer était à l’Adv G et que son Adv.D Passe hors tour après qu’il y ait eu une enchère, quel est le joueur qui a fait l’enchère ?»
Exemples 1 - déjà vu dans la Loi 23 - passe obligé - changement de déclaration
|
E/O vulnérable |
ª |
D2 |
|
Sud |
Ouest |
Nord Contre… Oh non, je passe |
||
|
© |
R7 |
1ª |
2¨ |
|||||
|
¨ |
AD9752 |
N/S jouent le Contre Spoutnik Généralisé et le Contre automatique |
||||||
|
§ |
RV2 |
|||||||
|
ª |
A |
|
ª |
98765 |
L’arbitre explique la Loi 25 et Nord décide de maintenir le Contre (donc application &b1) L’arbitre constate d’une part le changement illégal d’une déclaration et d’autre part que sans la rectification Sud, interprétant le Contre de Nord comme un Spoutnik, aurait nommé les © |
|||
|
© |
A54 |
© |
1098 |
|||||
|
¨ |
RV10864 |
¨ |
- |
|||||
|
§ |
1093 |
§ |
87654 |
|||||
|
|
ª |
RV1043 |
|
|||||
|
© |
DV632 |
|||||||
|
¨ |
3 |
|||||||
|
§ |
AD |
|||||||
Il constate également que le refus d’Est d’accepter la déclaration de remplacement (par manque de connaissance du Code, car cette situation rentre dans le cadre d’application de la Loi 16), va lui coûter une addition bien salée.
L’attribution d’une marque ajustée étant de ce fait inéluctable, il PEUT y recourir immédiatement en vertu du dernier alinéa de la Loi et du principe que toute règle a son exception. De plus, un avertissement à Nord de ne plus se livrer à ce genre de plaisanterie, ne pourrait que le faire réfléchir sur une éventuelle récidive Il ne peut pas en effet ne pas être conscient que son action va causer un lourd préjudice aux joueurs non fautifs.
Exemple 2 – changement de déclaration ou fumisterie ?
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N/S vulnérable |
ª |
DV108765 |
|
Sud |
Ouest |
Nord 2ª … Oh non, CONTRE |
|||
|
© |
3 |
1© |
2¨ |
||||||
|
¨ |
542 |
N/S jouent le Contre Spoutnik Généralisé |
|||||||
|
§ |
62 |
||||||||
|
ª |
R2 |
|
ª |
94 |
Est appelle l’arbitre. Il constate que rien ne justifie la rectification si ce n’est une intention de tromperie. Est n’accepte pas le Contre, Nord répète 2ª et le jeu continue. Les E/O s’arrêtent à 5 ¨. Au moment de marquer le score, ils constatent une kyrielle de 920 dans leur colonne. |
||||
|
© |
54 |
© |
A10972 |
||||||
|
¨ |
RD10986 |
¨ |
A |
||||||
|
§ |
AD5 |
§ |
R10965 |
||||||
|
|
ª |
A3 |
|
||||||
|
© |
RDV96 |
|
|
|
|
||||
|
¨ |
V73 |
|
|
|
|
||||
|
§ |
V87 |
|
|
|
|
||||
Application de la Loi 12_&C2 et avertissement au joueur fautif de ne pas récidiver.
Exemple 3 - une finale de Comité en 2000 – Honneur par quatre.
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N/S vulnérable |
ª |
AV10 |
|
Ouest |
Nord |
Est 3 © … Oh non, 3 ¨ |
|||
|
© |
- |
1© |
2¨ |
||||||
|
¨ |
ADV9876 |
|
|||||||
|
§ |
R76 |
||||||||
|
ª |
D87 |
|
ª |
R962 |
|||||
|
© |
RDV986 |
© |
A10754 |
||||||
|
¨ |
R2 |
¨ |
- |
||||||
|
§ |
DV |
§ |
A1092 |
||||||
|
|
ª |
543 |
|
||||||
|
© |
52 |
Ouest |
Nord |
Est |
Sud |
||||
|
¨ |
10543 |
Passe |
4¨ |
6 © |
passe |
||||
|
§ |
8543 |
- |
Contre |
|
|
||||
Ouest gagne 6 ©. Avant de marquer Nord appelle l’arbitre et d’un ton dubitatif lui demande ce qu’il doit marquer étant donné la précédente infraction. L’arbitre lui fait remarquer que le camp fautif n’avait commis que l’infraction de remplacer l’enchère naturelle de 3 © par un cue bid à 3 ¨. Aucune autre infraction n’avait eu lieu par la suite. Ouest avait respecté la Loi_&_B3, et il aurait marqué un zéro plein. Par son réveil à 4 ¨ Nord avait permis à Est d’annoncer 6 © dans le brouillard car, quant à lui, il n’avait bénéficié d’aucune information. Son agressivité aurait pu d’ailleurs lui coûter également un zéro. La suite ne mérite pas d’être racontée.
On peut encore insister sur les modifications apportées au & B. Il est d’application aisée même si la rédaction du &B_2 peut paraître quelque peu obscure : « … une substitution non autorisée comme indiqué au &A de cette Loi est annulée ».
Une substitution non autorisée par qui ? Par l’arbitre sans aucun doute, car pour un joueur il n’est question que d’acceptation. Il n’y a donc pas d’ambiguïté. L’arbitre peut de lui-même autoriser un joueur à remplacer une déclaration par une autre. Bien entendu cela doit rester une exception.
L'arbitre n’est pas là en effet pour rectifier les erreurs d’application commises par un joueur qui aura oublié les inférences de sa méthode, mais pour veiller à ce que le jeu se déroule selon les procédures définies par la Loi. D’ailleurs, la priorité dans l’acceptation ou refus d’une déclaration n’est accordée qu »aux joueurs eux-mêmes. L’arbitre ne doit pas s’arroger le droit d’imposer un remplacement de déclaration qu’un joueur refuserait.
Exemple 4 – ouverture de 1 SA fort avec seulement 13 PH
|
ª |
V10 |
|
ª |
ARD |
Ouest ouvre de 1 S A et appelle aussitôt l’arbitre. Pour éviter que les autres joueurs entendent les explications, l’arbitre et Ouest s’éloignent de la table. |
|
© |
RDV63 |
© |
4 |
||
|
¨ |
D93 |
¨ |
V109 |
||
|
§ |
RV7 |
§ |
AD1098 |
Ouest demande alors à l’arbitre l’autorisation de remplacer son enchère de 1 SA par celle de 1 ª car dans sa méthode l’ouverture de 1 SA exclut la possession de cinq cartes en majeure et promet de 16 à 18 PH.
Il n’est pas question de lui permettre une quelconque substitution. Son ouverture est bien volontaire et l’erreur commise a été de n’avoir pas su compter ses points et de n’avoir prêté attention à la forme de sa main.
Exemple 5 – ouverture de 1 SA avec un bicolore 5/4 et un singleton
|
ª |
V |
|
ª |
ARD |
Ouest ouvre de 1 S A et appelle aussitôt l’arbitre. Pour éviter que les autres joueurs entendent les explications, l’arbitre et Ouest s’éloignent de la table. |
|
© |
RDV63 |
© |
4 |
||
|
¨ |
AD93 |
¨ |
V109 |
||
|
§ |
R87 |
§ |
AD1098 |
Ouest demande alors à l’arbitre l’autorisation de remplacer son enchère de 1 SA par celle de 1 ª car dans sa méthode l’ouverture de 1 SA exclut une main bicolore et la présence d’un singleton. Pas de substitution possible.
Exemple 6 – ouverture de 1 SA avec un bicolore 5/5 et un singleton
|
ª |
RDV63 |
|
ª |
A87 |
Ouest ouvre de 1 S A et appelle aussitôt l’arbitre. Pour éviter que les autres joueurs entendent les explications, l’arbitre et Ouest s’éloignent de la table. |
|
© |
V |
© |
4 |
||
|
¨ |
AD932 |
¨ |
V109 |
||
|
§ |
R8 |
§ |
AD1098 |
Ouest demande alors à l’arbitre l’autorisation de remplacer son enchère de 1 SA par celle de 1 ª car il s’était trompé en prenant les cartons dans le bidding box. Il n’y a pas de raison à ne pas le croire. L’arbitre peut l’autoriser à substituer l’enchère de 1 ª à celle de 1 SA.
Exemple 7 – réponse erronée à un BW
|
ª |
D98 |
|
ª |
ARV |
Ouest ouvre de 1¨. Nord et Sud passent tout le temps. |
|
© |
RDV9 |
© |
4 |
||
|
¨ |
AR43 |
¨ |
DV109 |
||
|
§ |
RV7 |
§ |
AD1098 |
|
Ouest |
Nord |
Est |
Sud |
|
1 ¨ |
passe |
2 § |
passe |
|
3 SA |
passe |
4¨ |
passe |
|
4 © |
passe |
4 SA (bw) |
passe |
|
5 © oh non … 5¨ |
Arbitre ! |
|
|
S’il est fort possible que le joueur ait oublié les conventions jouées ou encore qu’il se soit tout simplement trompé dans le compte des As, rien ne prouve MANIFESTEMENT qu’il se soit trompé de carton.
Et comme doute il y a, la substitution ne peut pas être autorisée. La suite dépendra de l’attitude d’Est. S’il tient compte de l’information illicite reçue, la marque sera de 7 ¨ ou 7 SA -1 et un avertissement en prime.
S’il va de lui même au grand chelem et que l’adversaire oublie d’encaisser l’As auquel il a droit , le résultat sera maintenu.
Exemple 8 – réponse erronée à un BW
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ª |
D98 |
|
ª |
AR987 |
Ouest ouvre de 1¨. Nord et Sud passent tout le temps. |
|
© |
RDV9 |
© |
A10865 |
||
|
¨ |
AR43 |
¨ |
D9 |
||
|
§ |
RV7 |
§ |
8 |
|
Ouest |
Nord |
Est |
Sud |
|
1 ¨ |
passe |
1©… arbitre ! |
? |
Aucune substitution ne peut être autorisée. L’arbitre n’est pas là pour donner des cours de bridge.
Après tous ces exemples, on pourrait encore se poser la question de savoir pourquoi la tentative de remplacer une déclaration par une autre constitue une infraction.
La Loi 17_1 C nous a appris que le tour de déclarer d’un joueur survient dès que le joueur à sa droite a fait sa déclaration. Par conséquent changer de déclaration après l’avoir faite revient à ne pas respecter cette règle. D’où infraction et droit d’appeler l’arbitre. Prenons la séquence précédente :
|
Ouest |
Nord |
Est |
Sud |
|
1 § |
passe |
1©… non 1 ª |
? appelle l’arbitre |
Est vient de commettre une infraction. L’intervention de l’arbitre est nécessaire car il lui appartient, et à lui seul, de rectifier ou réparer le préjudice qui en résulterait pour le camp non fautif. Mais il ne peut décider qu’après avoir expliqué aux joueurs fautifs et non fautifs leurs droits (y compris celui de faire appel).
Ensuite
. - Si l’adversaire accepte la déclaration de remplacement, l’arbitre applique le &B_1
- Si la déclaration de remplacement n’est pas acceptée, il applique le &B2. La deuxième enchère est annulée. La première est maintenue, les annonces continuent.
Dans les deux cas cependant, le cas échéant, il y aura en fin de jeu application de la Loi 16 comme prévu au &B_3.
Le dernier point sur lequel il me paraît opportun d’insister un peu plus est constitué par le renvoi à la Loi 16_&D mentionné par la Loi 25 _ &B_3.
La Loi 16 est très claire : « … pour le camp fautif l’information provenant de sa propre action retirée ou de celle du camp non fautif, n’est pas autorisée. Un joueur du camp fautif ne peut pas, parmi les différentes alternatives logiques dont il dispose, en choisir une qui pourrait avoir été MANIFESTEMENT suggérée par l’information illicite».
Il n’y a aucune difficulté à faire respecter la disposition :
|
Sud |
Ouest |
Nord |
Est |
|
1 § |
1 ª … non, 2 ª |
Arbitre ! |
|
L’enchère de 2 ª a été faite après un court temps de réflexion. L’arbitre demande des explications à Est, qui avait déjà alerté l’enchère de 2 ª. La réponse correspond à ce qui est écrit sur sa feuille de conventions: l’intervention à 2 ª indique un bicolore ª/§ ou ª/¨, 5/4 ou 5/5 et une force de 12/16 DH.
Le changement n’étant pas accepté, Ouest répète 1 ª et les annonces prennent la tournure suivante :
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Sud |
Ouest |
Nord |
Est |
|
1 § |
1 ª |
2 © |
passe |
|
passe |
passe |
|
|
Est qui est chicane à ª et détient un bicolore mineur dans une main de force suffisante pour nommer une mineure le faire, aurait pu être tenté de continuer les enchères pour chercher le fit dans une mineure au palier de trois. Mais connaissant le Code, il s’abstient de le faire.
Il considère par conséquent l’enchère de 1ª comme naturelle et passe.
Le contrat de 2 © chute de une levée. Au moment de marquer ce score, Sud constate qu’il est le seul à jouer le contrat de 2 © et à chuter. Aux autres tables, le E/O ont joué 3 ¨ et chuté de deux ou trois levées. Il appelle l’arbitre et lui demande s’il n’y a pas lieu de rectifier la marque.
Il n'appartient pas à l'arbitre de modifier la Loi, même si grâce à elle dans le cas présent, le camp fautif obtient une bonne note et les adversaires une mauvaise. Et s’il pense un seul instant à la Loi 12, qu’il sache que l’infraction ce serait lui à la commettre. La Loi 25 a été scrupuleusement respectée par les joueurs. A l’arbitre d’en faire autant en se disant qu’il n’est pas là pour arbitrer la chance… conférée par une Loi que le législateur a voulu des plus justes. Le seul souhait qu’il puisse nourrir, s’il est profondément épris d’équité, est que le Code soit modifié dans ce sens lors de la prochaine version… c’est à dire, dans dix ans !
Le seul pouvoir que la Loi 25 confère à l’arbitre est de pouvoir autoriser un remplacement survenu à cause de raisons fortuites après quelques instants de réflexion.
Encore faut-il que soient respectées les prescriptions des &A_2 et &A_3 que je rappelle une deuxième fois :
2. Aucune substitution de déclaration ne peut être faite si le partenaire a déclaré ultérieurement
3. Si les annonces se terminent avant d’arriver au partenaire du joueur aucune substitution ne peut avoir lieu après la fin de la période des annonces (Loi 22).
L’arbitre peut donc autoriser la rectification due par exemple à un lapsus linguae (ou carton) d’un joueur qui demanderait par erreur 4 © au lieu de 4 ª. Ou encore autoriser la rectification de déclarations qui mèneraient à des contrats saugrenus comme par exemple de passer sur un cue bid qu’on aurait mal entendu (ou mal vu). La bourde étant bien évidente ce serait un non sens de ne pas en autoriser la rectification.
Et enfin le tout dernier point soulevé par le &B_1 est qu’ « .. une déclaration de remplacement non permise…peut être acceptée par l’AdvG du joueur fautif». Cette limitation implique que le choix de l’acceptation ne peut être fait que par cet adversaire et sans consultation. De plus, pour considérer que la rectification a été automatiquement acceptée, il faut que la déclaration l’ayant couverte ait été INTENTIONNELLE.
Et là, il y a de quoi être surpris lorsqu’on passera à la Loi 27 - enchère insuffisante acceptée_&A_1:
« …Elle est acceptée si cet adversaire déclare ». Que la déclaration ait été intentionnelle ou non, le fait de l’avoir faite entérine automatiquement l’acceptation.