LE CODE INTERNATIONAL 2007

Expliqué à ceux qui en ont besoin

 

 Loi 32 – contre ou surcontre hors tour

Avant de rentrer dans le vifs du sujet, faisons un pas en arrière vers la Loi 19 :

- pour qu’un Contre soit légal (admissible) il est indispensable que son auteur n’ait contré que la dernière enchère précédente de l’adversaire et qu’aucune autre déclaration que Passe ne se soit intercalée entre les deux.
- pour qu’un Surcontre soit légal (admissible) il est indispensable que son auteur
n’ait surcontré que le dernier Contre précédent de l’adversaire et qu’aucune autre déclaration que Passe ne se soit intercalée entre les deux.

 Ouvrons une parenthèse. Si on lit attentivement la Loi 19, on constate qu’après avoir précisé au paragraphe A2 « qu’en contrant, un joueur ne DOIT pas énoncer le nombre de levées ou la dénomination », la Loi se fait moins restrictive en prescrivant au paragraphe A3 que s’il le fait « il est considéré comme ayant contré l’enchère telle qu’elle a été faite ».
La forme négative « ne DOIT pas », adoptée dans la version française,  exprimant une interdiction absolue,  ne peut pas par conséquent être la forme adéquate pour cerner au mieux la situation. On ne peut interdire absolument à la première ligne pour autoriser ensuite à la deuxième ligne. D’ailleurs, dans la version originelle, il n’est pas question de DOIT mais de DEVRAIT, ce qui évidemment ne revient pas au même :

 “Law 19 – doubles and redoubles
“A. Doubles
….2. In doubling, a player SHOULD not state the number of odd tricks or the denomination…….”

Tout Contre ou Surcontre ne remplissant pas les
deux conditions précitée est donc inadmissible et ne peut de ce fait JAMAIS être accepté. C'est-à-dire, il ne rentre pas dans le cadre de la Loi 29. L’arbitre décidera de son annulation selon les normes fixées par la Loi 36.
Fermons la parenthèse.

 Tout Contre ou Surcontre légal mais hors tour est soumis au choix de l’Adv.G du joueur fautif.  On retrouve les mêmes situations des autres déclarations hors tour :
1 - contre ou surcontre alors que le tour de parole est à son Partenaire
2 - contre ou surcontre alors que le tour de parole est à son Adv.D

et on remarque qu’il n’est plus question de l’Adv.G. Les raisons sont simples :
- si le tour de déclarer est au partenaire, c’est que le contre s’applique à une enchère de l’Adv.G
- si le tour de déclarer est à l’Adv.D, c’est que le partenaire a déjà fait sa déclaration

L’acceptation de la déclaration hors tour autorisant la continuation des annonces sans aucune restriction, nous allons examiner les situations engendrées par la  NON ACCEPTATION

1/- un contre ou surcontre hors tour alors que c’était au partenaire
de déclarer
est annulé et la parole est redonnée au partenaire qui, privé définitivement de parole, ne peut que Passer. Cela ne vaut point dire qu’il est interdit au joueur fautif  de répéter son Contre ou Surcontre quand revient son tour de déclarer. Le cas échéant, en fin de coup, l’arbitre appliquera la Loi 23.

2/- un contre ou surcontre hors tour alors que c’était à l’Adv.D de déclarer
a/- si cet adversaire passe, le joueur fautif répète son Contre (ou Surcontre) et les annonces ses poursuivent sans autre rectification.
b/- si cet adversaire enchérit, Contre ou Surcontre, le joueur fautif peut faire n’importe quelle déclaration légale et son partenaire est
privé définitivement de parole. En fin de coup, le cas échéant, l’arbitre peut recourir à l’application de la Loi 23.

Exemple 1/- contre hors tour alors que le tour est au partenaire
 

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

?

?

Contre (hors tour)

 

 

? = réfléchit

 

Arbitre !

 

 

 

 Après explication, les annonces continuent ainsi 
 

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

Passe obligé définitif

1ª

Contre

3 §

Passe

3ª

4 ¨

Contre

Passe

4ª

passe

Passe

passe

 

 

 Le contrat de 4 ª chute d’une levée. 100 en E/O alors que dans la ligne N/S figure toute une kyrielle de 5 ¨ contrés pour moins trois. Nord appelle l’arbitre et demande une marque ajustée à cause de ceci et à cause de cela. Il n’y a rien à ajuster. Le mauvais score des N/S est dû à la sauvagerie des enchères du joueur assis en Nord. 

 Exemple 2/- contre ou surcontre hors tour alors que le tour est à l’Adv.D

1er cas
:  l’Adv.D passe 
Les prescriptions du &B1 prêtent à discussion. D’une part le joueur fautif DOIT répéter son Contre (ou Surcontre) et tout continue normalement. Il est clair que DOIT exprimant une  obligation le joueur fautif ne peut que répéter sa déclaration sans essayer d’en changer.
D’accord pour ce premier point. Mais la condition
« à moins qu’il ne soit inadmissible » semble être un cheveu dans la soupe. La phrase n’est pas en concordance avec la règle générale exprimée dans le premier alinéa de la Loi : « … à l’exception d’un Contre ou d’un Surcontre inadmissible qui ne peut  JAMAIS être accepté ».
Des deux chose l’une :
- ou le joueur fautif  s’est livré à un
Contre (ou Surcontre) hors tour inadmissible, et alors il fallait l’annuler immédiatement comme prévu au &B1 de la Loi 36, sans offrir à son Adv.G l’option de choix de la Loi 29 ni au joueur fautif la possibilité de répéter quoi que ce soit
- ou le joueur fautif s’est livré à une de ces deux déclarations de manière légale et alors la
condition d’inadmissibilité n’a pas lieu d’exister.

 2ème cas : l’Adv.D fait une enchère
Le fautif peut faire n’importe quelle déclaration légale, ( contre et surcontre en font partie) et
son partenaire sera privé définitivement de parole. En fin de coup, le cas échéant, l’arbitre peut procéder à l’attribution d’une marque ajustée, en application de la Loi 23.

 Exemple 3 – contre hors tour alors que le tour est l’Adv .D

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

Passe

?

Contre (hors tour)

 

 

? = réfléchit

 

Arbitre 

 

 

 

Après explication, les annonces continuent ainsi 

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

passe

passe

Contre

3 §

3 ¨

3 ª

5 ¨

Passe

 

X

-

Il n’y a rien à rectifier. Après le passe de Nord, Est a répété son contre (&B1).

 

Exemple 4 – contre hors tour alors que le tour est à l’Adv.D

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

Passe

???

Contre (hors tour)

 

 

??? = réfléchit

 

Arbitre !

 

 

 

Après explication, les annonces continuent ainsi 

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

Passe jusqu’à la fin

2 §

Contre

3 §

Passe jusqu’à la fin

3 ª

4 ©

Passe

Passe jusqu’à la fin

X

-

Nord a agit. Est peut faire n’importe quelle déclaration légale mais son partenaire doit passer jusqu’à la fin des enchères.

 

Exemple 5 – surcontre hors tour alors que le tour est à l’Adv.D

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

passe

passe

1ª

X

passe

??? = réfléchit

XX

Arbitre !

 

 

 

Après explication, les annonces continuent ainsi 

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

passe

Passe

1ª

X

Passe

passe

XX

-

-

-

 

Nord n’ayant pas agi, la répétition du surcontre n’entraîne pas de pénalité.

 

 Exemple 6 – surcontre hors tour alors que le tour est à l’Adv.D

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

passe

passe

1ª

X

passe

? = réfléchit

XX

Arbitre !

 

 

 

Après explication, les annonces continuent ainsi 

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ©

passe

Passe

1ª

X

Passe

2 §

X

-

Passe jusqu’à la fin 

-

 

Nord a agi et Est a contré. Ouest doit passer jusqu’à la fin des annonces. La loi 23 peut être appliquée si, à cause de ce passe obligé, un quelconque préjudice devait être subi par le camp non fautif.


Exemple 7 –
contre hors tour  alors que le tour est à au partenaire

Sud donneur

Ouest

Nord

Est

1 §

?

!

X (hors tour)

?  =  réfléchit                                                     ! attend son tour

Après explication, les annonces continuent ainsi :

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 §

Passe jusqu’à la fin 

1 ª

X

2 ª

Passe jusqu’à la fin  

3 ª

4 ¨

4 ª

-

-

-

Ouest est privé de tous ses tours de parole - &A.

En fin de coup, le cas échéant, l’arbitre peut recourir à l’application de la Loi 23 si, à cause du passe obligé, le camp non fautif venait à subir un préjudice.

Prenons par exemple un cas où la main d’Ouest détient des valeurs lui permettant l’alternative de défendre à  contre 4 ª. Contraint à passer il ne peut rien dire.

L’arbitre constate en fin de coup que la majorité des paires E/O avaient défendu à 5 ¨.

Il peut attribuer une marque ajustée s’il estime que le joueur fautif aurait pu savoir au moment de son irrégularité qu’elle pourrait léser le camp non fautif». 

C’est de la haute voltige pour arbitre de haut vol. Mais que fera un arbitre de Club voir de Comité, si la main d’Ouest ne présente que la seule alternative d’un passe normal sur toute déclaration ? 

En résumé, avant d’ajuster une marque l’arbitre doit bien analyser la situation et ne doit rectifier que si le préjudice est bien imputable à l’infraction de l’adversaire.

 

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