distraitement

Le Code :
Loi 36 – contres ou surcontres inadmissibles
Loi 37 – violation de l’obligation de passer

 

Je qualifierai ces deux Lois d’appendices de la Loi 35, à laquelle elles font d’ailleurs référence,  et j’insisterai encore plus sur la traduction de «no permitted by Law 19» par « interdit par la Loi 19» pour souligner notre penchant immodéré et injustifié pour les interdits. Car il y a une nuance assez relevante entre permettre, autoriser, interdire ou être conforme.

Sans se lancer dans une querelle de sémantique, disons donc que les contres ou surcontres non - conformes aux prescriptions de la Loi 19, doivent être annulés et remplacés par une autre déclaration légale qui entraîne pour le partenaire la privation définitive de tous ses tours de déclarer.

Il me semble l’avoir déjà dit mais je le répète quand même : un contre ou surcontre hors tour peuvent être parfaitement admissibles alors que seront inadmissibles un contre ou un surcontre faits au tour de parole. Il va de soi que, dans les exemples ci-dessous,  l’arbitre doit procéder par étapes. La première, en annulant le Contre inadmissible d’Est, dont on sait qu’il ne peut pas être accepté même si le joueur qui suit fait une déclaration auquel cas d'ailleurs sont également annulées les déclarations qui l’ont suivi. La seconde au moment de préciser les pénalités en redonnant le tour de parole au joueur qui l’a sauté :

 A/- départ

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ª

-

2 ª

3 §

3 ¨

X

??? réfléchit – arbitre !

X * (inadmissible)

4 ¨

 

 

 

 B/- arrivée

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ª

-

2 ª

3 §

3 ¨

X

3 SA

X

-

-

-

 

Le contre inadmissible et l’enchère de 4 ¨  ont été annulés sans pénalité et la parole redonnée à Nord qui l’avait sauté.
Tout est redevenu ainsi normal.

Prenons le même exemple mais avec une séquence différente :
A/- départ et arrivée

Sud 

Ouest

Nord

Est

1 ª

-

2 ª

3 §

3 ¨

X

??? réfléchit

X * (inadmissible)

Arbitre !

 

 

 

Après explications :

 

Passe obligé

3 ©

X

3 ª

X* (1)

3 SA

X* (2)

 

L’arbitre, qui avait été appelé à une autre table, est à nouveau sollicité. Il explique que les contres (1) et (2) ayant été faits en violation de l’obligation de passer, sont annulés et doivent être remplacés par un passe. On continue :

 

Passe obligé

3 SA

Passe obligé

Passe

Passe obligé

 

 

Ici pleine application de la Loi 26 relative aux pénalités d’attaque et ensuite, le cas échéant,  application de la Loi 23. 
La référence à la Loi 35&B implique tout simplement que l’Adv.G doit être informé qu’il a le droit de refuser toute pénalité pour le joueur fautif.
L’arbitre ne doit pas influencer le choix des joueurs et encore moins croire que la majorité des bridgeurs est dépourvue de toute sportivité. Il n'a aucun pouvoir de leur imposer une attitude différente.

L' ENSEIGNEMENT à tirer de cette Loi 37 (et de ses corollaires) est que tout joueur soumis à l’obligation de passer, que ce soit pour son prochain ou pour tous ses tours de déclarer, ne peut pas l'enfreindre sous peine d'être soumis à des pénalités supplémentaires :

- les déclarations qu’il a faites seront d’une part annulées
- des pénalités supplémentaires pourront être prononcées contre son partenaire qui serait alors lui aussi privé de parole
- les deux joueurs peuvent en outre être soumis à des pénalités d’attaque. En effet les situations concernées par la Loi 37 ne sont  pas fondamentalement différentes de celles décrites par la Loi 26
 

Il me semble opportun de rappeler

-  que la nature de l’attaque ne peut être imposée qu’au partenaire du joueur fautif. Le  fautif lui-même reste libre de ses actions
- qu'une  déclaration inadmissible entérinée par un joueur que la Loi avait privé de tous les tours de parole n’implique point qu’il puisse récidiver aux tours suivants. Il doit continuer à passer.
- que l'annulation du droit de pénaliser annule également  les pénalités d'attaque.

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