LE CODE INTERNATIONAL 2007
Expliqué à ceux qui en ont besoin

 

Loi 58 – attaques ou jeux simultanés 

 

Sont qualifiées de «simultanées» et considérées par conséquent «consécutives»

  1. l’attaque d’un joueur qui attaque en même temps que le joueur qui le précède

  2. les deux cartes jouées  dans une même levée immédiatement l’une après l’autre.

 Elles engendrent des situations dont la différence peut résulter du fait que :   

A/- les deux joueurs n’ont attaqué qu’une seule carte

B/- l’un des deux joueurs a attaqué plusieurs cartes

****** 

A/- Dans le premier cas, la carte attaquée par le joueur dont c’était le tour est considérée comme la première de la levée et celle de l’adversaire comme la seconde.

Il n’y a pas de problème lorsqu’elles sont de même couleur. Il en ira par contre, autrement si elles sont de couleur différente.

L’obligation de fournir étant prioritaire, la carte de l’adversaire doit correspondre à cette priorité. S’il détient des cartes adéquates, il fournit celle qui lui convient dans son jeu caché.

La carte  attaquée simultanément devient carte pénalisée.

 

B/- dans le deuxième cas, il faut envisager deux possibilités

1/- le jeu de plusieurs cartes est le fait d’un défenseur : si elles ont été toutes exposées, le joueur indique celle qu’il veut jouer et les autres restent cartes pénalisées. Bien entendu l’obligation de fournir est prioritaire. Dans l’impossibilité de le faire avec l’une des cartes exposées, le joueur choisit dans sa main cachée la carte qu’il se propose de jouer mais toutes les cartes exposées restent toujours pénalisées.

 

2/- le jeu de plusieurs cartes est le fait du déclarant : étant donné qu’aucune carte du déclarant ne peut être pénalisée, il peut reprendre ses cartes sans pénalité y compris la carte que l’adversaire aurait déjà couvert. Dans ce cas, ce joueur peut lui aussi reprendre la sienne sans pénalité.

 

Mais, il n’est pas dit que le jeu puisse se poursuivre normalement après que tant de cartes aient été retirées par les deux camps.

Les informations que leur exposition a fourni peuvent rendre impossible le déroulement normal du jeu.

L’attribution d’une marque ajustée s’avère être alors la mesure la plus équitable pour les deux camps.

 

Note (même si superflue) : que les cartes exposées du déclarant ne deviennent jamais cartes pénalisées (Loi 48) n’implique pas qu’il puisse toujours jouer comme bon lui semble.

Il reste lui aussi assujetti aux dispositions des Lois… à celles des Lois 54 et 68, par exemple.

 

 Un exemple :

 

ª

RV83

 

 

Sud joue 4ª.

Entame Dame de § pour le Roi et l’As.

Est après avoir tiré l’As de ¨ insiste avec le 5 de §.

Sud fournit le 7. Ouest fait la levée avec le 8 et continue du Valet.

Le mort coupe du 8 de ª.

Pour réussir son contrat le déclarant doit capturer la Dame de ª.

Où est-elle ? A gauche ou à droite ?

 

©

AV9

¨

R1076

§

R2

ª

D75


              N
          O      E
              S

ª

42

©

D64

©

10752

¨

982

¨

A543

§

DV108

§

A54

 

ª

A1096

 

©

R83

¨

DV

§

9763

Après une longue réflexion, il attaque du 3 de ª. Est fournit le 2 et Sud laisse tomber simultanément sur la table le 10 et l’As alors que Ouest s’est déjà précipité sur sa Dame pour couvrir le 10.  L’arbitre est appelé.

Convaincu de la bonne foi du déclarant, il lui permet de remplacer le 10 par l’As. Bien entendu, Ouest peut lui aussi retirer la Dame. Mais le mal est fait, le déclarant connaît désormais sa place. Faire continuer le jeu dans de telles conditions donnera lieu à des inévitables palabres chacun avançant des arguments difficiles à réfuter.

Il vaut mieux arrêter le jeu, attribuer une marque ajustée et informer les joueurs de leur droit de faire appel.