LE CODE INTERNATIONAL 2007
Expliqué à ceux qui en ont besoin

 

Loi 64 –  procédure  après la consommation d’une renonce

 

1/- Généralités : par rapport au Code 1997, on peut noter en priorité

A/- la disparition du terme pénalité

B/- le renvoi au pied de page des paragraphes A1 et A2 : « a trick won in dummy is not won by declarer for the purpose of this Law - dans le cadre de cette Loi, une levée gagnée par le mort ne constitue pas une levée gagnée par le déclarant.

C/- la suppression du deuxième alinéa du &A_2 de la Loi 64 du Code 1997 : « en outre, si une autre levée est gagnée ultérieurement par le joueur fautif avec l’une des cartes qu’il aurait dû fournir quand il a renoncé, cette levée sera aussi transférée au camp non fautif. »  

D/- le renvoi à la Loi 64_&C pour une renonce commise par le même joueur dans la même couleur.

E/- l’adjonction du &B7 : quand les deux camps ont fait une renonce sur la même donne

 

On ne peut qu’apprécier la clarté de ces nouvelles dispositions.

a). Désormais ni les joueurs ni l’arbitre n’ont à se poser la question de savoir si une levée gagnée par le mort constitue une levée gagnée par le déclarant vu que celui-ci joue des deux mains.

b). Quant à la suppression de la mesure mentionnée au &c ci-dessus, elle permet enfin d’approcher un peu plus de cette équité qui reste le but final de toute rectification. J’en avais souligné l’incongruité par le passé. Le transfert supplémentaire de la levée non seulement n’avait rien d’équitable mais elle constituait de plus une assez lourde pénalité  que rien ne justifiait. Si on réfléchit cependant à ses vraies conséquences, elle ne modifie en rien les éléments dont l’arbitre devra tenir compte dans son arbitrage. Que la levée supplémentaire ait été gagnée ou non avec la carte de la renonce, il devra veiller à ce que la rectification ne laisse persister aucun avantage, fut-il minime, pour le camp fautif.

c).Si le même joueur commet une deuxième renonce dans la même couleur, ce n’est pas la peine de chercher midi à quatorze heures. On attribue une marque ajustée.

d).Si les deux camps ont fait une renonce sur la même donne, il n’y a rien à transférer. Les deux camps étant fautifs, ils doivent être placés à la même enseigne sans s’occuper de savoir si la renonce de l’un aurait provoqué le transfert de deux levées et celle de l’autre une seule. Mais, mais… car il y a toujours un mais, l’arbitre doit s’assurer que l’une des  renonces, la première en général,  n’a pas poussé l’adversaire à modifier son plan de jeu. Il décidera en conséquence.

 

2/- Rectifications :  Il va de soit qu’une renonce consommée ne peut être corrigée qu’à la fin du jeu. Par conséquent, s’il est appelé à une table pour la rectification d’une renonce déjà consommée, il est inutile que l’arbitre perde son temps à jeter des coups d’œil à gauche et à droite ou à compulser la feuille ambulante de la donne.

Il invite les joueurs à continuer le jeu sans mélanger leurs cartes. Il reste à la table et en fin du jeu se livre à l’enquête qui lui permettra de décider

1.      du transfert du nombre de levées prévu par la Loi

2.      du transfert d’un nombre supérieur de levées

3.      de l’attribution d’une marque ajustée.

4.      Il n’est d’aucune utilité de savoir  si la levée de la renonce aurait été gagnée même sans renonce. Ce qui importe est de savoir 

a.       si la levée de la renonce a été réalisée par le camp fautif

b.      si ce camp fautif a réalisé d’autres levées après la renonce. Après quoi, tout devient simple et limpide :

 

Situation

Transfert

1/-  le camp fautif n’a gagné ni la levée de la renonce ni de levée ultérieure

Aucune levée

2/-  la levée de la renonce n’a pas été gagnée par le joueur fautif mais par son camp sans levées ultérieures

UNE  levée

3/-  le camp fautif  n’a pas été gagné la levée de la renonce  mais a gagné des levées ultérieures

UNE  levée

4/-  le joueur fautif a gagné la levée de la renonce et son camp d’autres levées ultérieures.

DEUX levées

5/-  2ème renonce par le même joueur dans la même couleur

Pas de transfert

6/-  renonce pour ne pas avoir joué une carte visible sur la table y compris celles du mort

Pas de transfert

7/- renonce signalée après qu’un joueur  non fautif a déclaré à la donne suivante

Pas de transfert

8/- renonce signalée à la fin du tour

Pas de transfert

9/- renonce à la 12ème levée

Pas de transfert

10/- renonce des deux camps à la même levée

Pas de transfert

 

Observations :

- Pour une renonce commise par le déclarant, il faut retenir qu’une levée gagnée avec une carte du mort  ne constitue pas une levée gagnée par le déclarant

-  le transfert de levées n’est effectué que sur les levées postérieures à la renonce mais JAMAIS sur les levées antérieures.

- Pas de transfert  ne signifie point qu’il n’y aura pas de rectification. L’arbitre reste maître de la situation. Il doit veiller à ce qu’aucun avantage ne persiste pour le camp fautif.

 

 

Exemples :

 

1/- le transfert de deux levées ne laisse persister aucun préjudice

 

ª

4

 

sud

ouest

nord

est

©

AR6

 

 

 

 

¨

A1098765

 

 

 

 

§

A4

 

Sud joue 6 ©.

Entame le Roi de § pour l’As du mort. EST coupe avec le 2 de ©.

On peut constater que le 8 de § a été rangé avec les ª.

Contre-attaque du Roi de ¨, coupé en Ouest qui encaisse une autre levée à  §.

ª

DV1032


N
O      E
S

ª

9765 (8 §)

©

D

©

432

¨

-

¨

RDV42

§

RD109632

§

-

 

ª

AR8

 

©

V109875

¨

3

§

V75

Le transfert de deux levées rectifie le score et N/S ne subissent aucun préjudice.

 

 

2/-le transfert de deux levées est insuffisant – et renonce du déclarant

 Tous vulnérable

ª

654

 

Nord

Est

Sud

Ouest

©

D965

passe

1 ¨

X

5 ¨

¨

10

-

6 ¨

6 ª

-

§

R8753

-

X

-

-

ª

V72


N
O      E
S

ª

-

-

 

 

 

©

4

©

A732

Sud joue 6 ª contrés par Est..

Entame 4 de © pour l’As.

Retour du 2 ©.

Ouest coupe et contre-attaque de la Dame de § pour le Roi et l’As

¨

RDV953

¨

A8642

§

D109

§

AV62

 

ª

ARD10983

 

©

RV109

¨

7

§

4

 

Sud, qui avait rangé le 4 de § avec  les ª, coupe. Purge les atouts et concède encore une levée

Le transfert de deux levées n’est pas seulement insuffisant au dédommagement du préjudice subi par E/O, mais prend l’allure d’une prime accordée au déclarant. En effet le jeu normal aurait produit le résultat suivant :

- As de © et  © coupé = 2 levées

- As de § et  © coupé = 2 levées

- As de ¨ et  © coupé = 2 levées

Soit 5 levées de chute. Par conséquent, l’ajustement de la marque doit aller dans ce sens.

 

3/- renonce du mort

 Tous vulnérable

ª

A (2)

 

Nord

Est

Sud

Ouest

©

109843

passe

passe

1 SA

passe

¨

832

2 ¨

 

2 ©

-

§

RD6

3 SA

-

4 ©

-

ª

DV98


N
O      E
S

ª

R1076

-

-

 

 

©

6

©

D75

Sud joue 4 © .

Entame Dame de ª pour l’As qui apparaît sec au mort, le 2 étant disparu, on ne sait pas  comment. Est-il tombé par terre ?  S’est-il collé à l’As à cause des cartes poisseuses ?

 

¨

AD974

¨

V3

§

V73

§

10984

 

ª

543

 

©

ARV2

¨

R96

§

A52

Peut-être que tout simplement il est resté sous le tapis de la table précédente.

Quoiqu’il en soit, le compte des cartes causant probablement des maux de tête, personne ne se rend compte de l’anomalie et le jeu se déroule comme suit :

- As de ª

- 3 de © pour le Valet

- 4 de ª coupé

- Roi de ©

- 5 de ª coupé

Sud continue par la purge des atouts, encaisse ses trois levées à § et concède le reste.

Il a déjà inscrit la marque, lorsque Nord en comptant ses cartes avant de les remettre dans l’étui constate l’anomalie et dit « mais je n’ai que douze cartes ». Arbitre !

Bien que ses cartes soient exposées à la vue de tous, et par conséquent non soumises aux règles habituelles de rectification, il n’en reste pas moins qu’il appartient au mort de s’en occuper.

La marque doit être ajustée en faveur des E/O.  Voilà donc infirmée l’opinion largement répandue et tout aussi erronée qu’on ne commet pas de renonce avec les cartes du mort et qu’une marque une fois agrée ne peut plus être rectifiée dès que les cartes ont été remises dans l’étui.

 

En guise de conclusion normale en matière de renonce

- le transfert de levées est la procédure normale de rectification

- la marque ajustée est une mesure exceptionnelle à appliquer le plus rarement possible. Elle ne

  doit constituer que la juste réparation du préjudice subi et non pas une prime à la partie lésée.

- l’arbitre n’est pas tenu à prendre une décision sur le champ. Personne ne lui interdit de  

  s’accorder un temps de réflexion s’il le juge nécessaire.