Le sujet est traité encore d'après les prescriptions du Code 1997. Son adaptation au Code 2007, aura lieu avec le commentaire de cette fameuse Loi 86 dont certains voudraient en faire leur cheval de bataille. 

Question drôle : est-ce qu'un arbitre spectateur peut se transformer en tonton flingueur ?

Il n’y a dans le Code DE BRIDGE
- aucune virgule
- aucun point-virgule
- aucun point tout court

qui autorise l’arbitre à intervenir dans le JEU
EN TANT QUE 5EME JOUEUR (spectateur)

Bien entendu je n'exprime là qu'une opinion de joueur et d'arbitre en prenant pour base un principe des plus simples et des plus logiques :
«Dans les cas où l’arbitre ne serait témoin d’une infraction que par pure coïncidence, il doit se dire qu’il n’est que simple spectateur  et qu’il doit  s’abstenir de toute intervention» (Hans DE HAGER (Hollande) - stage pour arbitres internationaux - Amsterdam janvier 1981.)
Le fait qu’un prédicateur français soutenant le contraire ait fait, il y a quelques années, de sa conception un dogme, ne constitue en soi que le résultat d’élucubrations matinales d’un soi-disant savant qui a voulu faire de son savoir le même usage qu’on fait de la confiture. Moins on en a, plus on l’étale.
Accepter son dogme c’est vouloir porter atteinte aux droits de tous les autres bridgeurs qui paient pour jouer en paix et qu’il faut préserver des idées particulièrement dangereuses d’arbitres qui voudraient les prendre pour têtes de turc selon leur "intime conviction". Ainsi, pour remettre les pendules à l’heures, voici expliquées en vrac sous le titre Bridge Contrat ou Tarot à cinq,  des Lois qui figurent en fin de Code mais qui méritent d’être apprises en premier. Elles conditionnent les compétences d’un arbitre.

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Loi 81-&B6

 BRIDGE CONTRAT ou TAROT A CINQ  ?

Par une lecture toute particulière et erronée de la Loi 81-&B6 et de la Loi 79-&CA, un certain professionnel de l’arbitrage, est arrivé à la conclusion toute personnelle que la Loi consentait aux arbitres d’intervenir dans le jeu à tout instant et même en tant que spectateurs. L’affirmation du contraire est rendue évidente par les Lois

- 84 – « Quand l’arbitre est appelé pour appliquer … »
- 85 – « Quand l’arbitre est appelé pour décider … »

C’est bien clair, tant qu’il n’est pas appelé l’arbitre doit rester dans son coin.

- 81-&B.6 – « Rectifier toute erreur ou irrégularité dont il a connaissance de n’importe quelle manière à l’intérieur de la période de correction prévue par la Loi 79 C »

Alors là, c’est encore plus formel. La période où l’arbitre peut rectifier toute erreur ou irrégularité est celle des trente minutes qui suivent la fin de toute épreuve. Elle n’a strictement rien à voir avec la durée du jeu dont bénéficient les joueurs pour s’adonner au jeu et de laquelle l’arbitre est exclu quelles que soient ses prétentions.  

La phrase « dont il prendrait connaissance de n’importe quelle manière »  s’applique exclusivement aux erreurs qui lui seraient éventuellement signalées au cours de ces derniers trente  minutes (auxquels se réfère également la Loi 92 &B – droit d’appel).

Prenons quelques exemples  d’erreurs à rectifier :
- après la parution des fiches de fréquences, des accrocs de leur affichage viennent informer l’arbitre que le score de 650 n’est pas inscrit sur telle feuille de fréquence.
- un autre joueur vient l’informer qu’à telle donne le joueur X a marqué un contrat comme fait alors qu’il avait chuté de un.
- un autre vient l’informer que la donne avait été inversée à l’avant-dernière position et que personne ne s’en était aperçu
- et autres anomalies
Il est alors du devoir de l’arbitre de procéder à la rectification.  Toutefois, s’il n’y a pas de problème pour la rectification d’une marque ne correspondant à la vulnérabilité de l’étui, il en ira autrement lorsqu’il s’agit de rectifier un résultat sur lequel un joueur prétend avoir été floué. La rectification ne peut être effectuée qu’en présence des deux parties.

Afin de permettre au lecteur de se faire une idée sur la justesse des propos, il est opportun de les démontrer par les deux exemples donnés en fin de commentaire. Mais auparavant, il est important de donner la parole à un arbitre international de poids des années ’80, Hans DE HAGER (Hollande) dont il est probable que les arbitres d’aujourd’hui n’ont jamais entendu parler.  Voici des extraits de son intervention au stage pour arbitres internationaux organisé par l’E.B.L. à Amsterdam en janvier 1981.

 “ LOI 9 - &B -1  - L’arbitre doit être appelé dès que l’attention a été portée sur une irrégularité.

“Si l’arbitre est appelé immédiatement, la situation en général n’est pas trop grave.

"Les « difficultés  surgissent lorsque les joueurs agissent de manière erronée sans appeler l’arbitre. "Bien qu’il puisse être compréhensible qu’un joueur soit enclin à rectifier une déclaration dès
"qu’il se rend compte d’avoir commis une erreur, ou qu’il s’empresse de déclarer ou attaquer "après que son partenaire l’ait fait hors tour, de telles actions sont inopportunes et peuvent "ensuite mener à des graves conséquences qui auraient pu être évitées si l’arbitre en avait été "immédiatement informé.

 (… suivent des exemples)

« L’arbitre doit insister  pour être toujours appelé quand c’est nécessaire et doit répéter cette  règle aux joueurs chaque fois qu’il lui est possible de le faire et tout spécialement lorsque la situation s’est détériorée parce qu’il n’a pas été appelé immédiatement.

«  Les irrégularités mises à part, il y a d’autres circonstances qui exigent la présence immédiate  de l’arbitre même si un joueur prétend qu’il n’y a pas eu d’infraction. Par exemple lorsqu’un  joueur doute de la régularité d’une action. Les lois 68 et 70 sont assez explicites à ce sujet.

« Rien n’interdit d’appeler l’arbitre chaque fois qu’on l’estime nécessaire. Dès son arrivée à la table, l’arbitre devra établir par quel joueur il a été appelé et aussi s’il était en droit de le faire.

 (.. la suite regarde l’attitude à avoir lorsque l’arbitre a été appelé par le mort et lorsque l’ infraction est signalée par un spectateur)

 Pour Hans De Hager,  « toute infraction soulignée par un spectateur est une action absolument illégale. En effet elle est interdite par la loi 76 / & B –  « Un spectateur n’a pas le droit d’attirer l’attention sur une irrégularité, ni d’intervenir au sujet d’un fait ou d’une Loi, sauf sur demande de l’arbitre ».

« La Loi 11 vient d’ailleurs renforcer cette mesure : … le droit de pénaliser (ou de corriger une « irrégularité) peut être perdu si l’attention sur une irrégularité est attirée par un « spectateur).

« Lorsque l’arbitre, à la suite d’un appel, est présent à une table, une intervention de sa part pour une infraction commise sous ses yeux (sa présence a été requise)  est parfaitement « normale.

« Il s’agit d’une intervention autonome bien différente des cas où l’arbitre ne serait témoin d’une infraction que par pure coïncidence.  Dans ce cas il doit se dire qu’il n’est que simple spectateur  et qu’il doit  s’abstenir de toute intervention.. »

 (Fin citation ).

1/-  Premier exemple
: Festival du Fenouillet - 400 paires - 5 séances de 28 donnes chacune
      Directeur du Tournoi : Malandrin  – Arbitre Interprovincial

Table 1 - Dernière donne de la dernière séance :

En Nord, Popeline partenaire habituelle de Malandrin qui par hasard est derrière elle

En Est,  Smokeapaipe qu’une histoire ancienne oppose à Malandrin 

 

Popeline négocie le contrat de 6 ª

Smokeapaipe entame la Dame de © pour le Roi du mort et l’As en Ouest.

Popeline, dont le singleton © s’était glissé dans les ¨, coupe du 9 de ª. L’arbitre Malandrin intervient : " Popeline, tu vois pas que tu as un cœur ! ".

Aïe, aïe, aïe ! Smokeapaipe est furax.

Malandrin, prétendant devoir intervenir en vertu des Lois 81 et 79, Smokapaipe lui rétorque que le Bridge se joue à quatre et qu’il n’a pas déboursé 300 € de droits d’inscription pour se faire enquiquiner par un nul.


Malandrin, vite monté sur ses chevaux car il tient à se faire reconnaître, invite Smokapaipe à se taire s’il ne veut pas être mis à la porte et, faisant preuve de son autorité habituelle, 
fait continuer le jeu. Popeline marque un top, Smokeapaipe un zéro. Smokapaipe fait appel.

 

Dès l’affichage des fiches de fréquence on constate que grâce au top marqué au détriment de Smokeapaipe, Popeline gagne le tournoi et empoche les 10.000 € du 1er prix alors que sans ce zéro c’est Smokeapaipe qui l’aurait gagné.

En attendant la réunion de la Commission d’arbitrage, Smokapaipe, de plus en plus furax, n’hésite pas à proclamer à la ronde qu’il a été victime d’un vol de la part de Malandrin.

 

En Appel :

 - l’arbitre Malandrin explique qu’ayant été formé à l’Ecole Supérieure de Normanland,  il n’avait fait que suivre l’enseignement de son Recteur, dont on ne saurait mettre en doute le savoir.

 

- Smokeapaipe ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, le Bridge se joue à quatre et ne doit pas être confondu avec une partie de tarot à 5. Il martèle de plus que s’il avait été lui à commettre la renonce, l’arbitre Malandrin n’aurait pas manqué d’attendre la fin du jeu pour signaler la renonce consommée en faveur de sa copine. Il n’exclut pas la possibilité de connivence entre Popeline et Malandrin  pour le partage du gâteau.

Il faut avouer que l’attitude de l’arbitre le laisse penser.

 

Smokeapaipe obtint gain de cause.  Mais depuis, on dit bien de choses sur Malandrin.

 

Un deuxième exemple analogue (de pure fiction.)

Finale Bermuda Bowl 2017– L’équipe de France est opposée à l’équipe d’Italie. Comme arbitre Firmin la Caillette  - francophone et francophile.

La tension est à son comble. On joue la dernière donne. Ouest joue le contrat tangent de  4 oublié par les Italiens en salle fermée. S’il le réussit la France gagne le titre de champion du monde, s’il le chute ce sera l’Italie à le gagner.

 

Nord entame la Dame de pour le Roi en Est et l’As en Sud.

Ouest coupe du 4 de  (son singleton s’étant glissé dans les ).

L’arbitre La Caillette intervient  : “ Mais enfin, tu coupes alors que tu as un  ! ” Aïe, aïe, aïe ! Appels à gauche, appels à droite. Il n’est pas question de continuer le jeu. Tout le monde est débout. Les Italiens sont furax (qu’ils me pardonnent, c’est de la fiction), les Français encore plus.  La confusion est à son comble.

 

Conciliabules de tous les côtés. Toutes les autorités sont là mais La Caillette s’est déjà éclipsé.

Les Français prétendent que de toute façon Ouest, vu sa classe, se serait bien rendu compte de la renonce avant qu’elle ne soit consommée. Il faut donc la rectifier par 4 juste faits.

Les Italiens ne l’entendent pas de la même oreille. Sans l’intervention d’un spectateur, la renonce aurait été consommée et il y aurait eu transfert de deux levées.

Les Français insistent encore en prétendant que l’arbitre n’est pas un simple spectateur et qu’il peut de ce fait intervenir à n’importe quel moment.

Les Italiens rétorquent que le Bridge se joue à quatre et que si les Français veulent le jouer à cinq, c’est leur problème.

Ce n’est que vers cinq heures du matin que le verdict sera donné : 4 © moins un.

Quant à notre La Caillette, il ira désormais pêcher l’écrevisse du côté de Meudon.

 

Au lecteur de répondre maintenant à son tour aux questions posées, le 25 juin 2005, au nouveau salarié responsable de l’arbitrage à la FFB pour le cas de figure suivant :

Sud joue 4 . L’arbitre se trouve par hasard derrière lui.  A la sixième levée, il joue petit  du mort, Est fournit l’As et Sud coupe alors qu’il a encore du .

A quel moment l’arbitre doit-il signaler l’infraction ?

1 - au moment où elle est commise ?

2 - doit-il attendre qu’elle soit consommée ?

La réponse de ce responsable a été qu’il attendra toujours la fin de la donne pour intervenir. Ce qui mène à une deuxième question. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait au moment où l’infraction aurait pu encore être corrigée ? De toute façon

- s’il le fait au moment où l’infraction est commise, il favorise le déclarant

- s’il le fait à la fin de la donne, il favorise son adversaire

Et si l’un des deux est son ami ? Que se passera-t-il ?

Et si l’un des deux ne peut pas le sentir ? Que se passera-t-il ?

En conclusion qu’il le fasse quand bon lui semble, il aura confondu Bridge et Tarot à cinq. Un drôle d'arbitrage !

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Loi  86 :  (Correction des irrégularités) – en match par équipes

&A - Quand l’arbitre attribue une marque ajustée artificielle de moyenne plus ou de moyenne moins dans un match en I.M.P., le score sera respectivement soit de + 3 I.M.P. soit de – 3 I.M.P.

Cette Loi est en corrélation avec la Loi 12. Si vous l’avez retenue, tant mieux. Sinon une bonne révision ne vous fera pas de mal :

-         la moyenne est  toujours à 50 %

-         une moyenne moins correspond  tout  au plus à 40 %   (il y a pénalité)

-         une moyenne plus  correspond à 60%  au moins   (réparation d’un préjudice)

Ce qui veut dire qu’en cas d’attribution d’une marque ajustée artificielle, vous pouvez descendre en dessous de 40 ou  aller au-delà de  60 %  dans les épreuves par paires.

 

Une marque artificielle exprimée en %  n’ayant  aucun sens en match par quatre

-         la moyenne moins des épreuves par paires équivaut à “– 3 I.M.P.”

-         la moyenne plus des épreuves par paires équivaut à    “ + 3 I.M.P.”

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Parenthèse qui n’a strictement rien à voir avec le Code.

Pour clore définitivement des commentaires qui m’ont pris pas mal de temps, une note gaie à l’intention des accrocs des prévisions qui tiennent à avoir immédiatement une idée sur la note obtenue sur une donne. Il suffit de prendre en compte

 

- le nombre de fois où la donne a été déjà jouée 

- les scores inférieurs au sien, donc favorables

- les scores supérieurs au sien, donc défavorables
 

Nb de fois

coefficient

 

Nb de fois

coefficient

5

12.50

 

11

5.00

6

10

 

12

4.54

7

8.33

 

13

4.16

8

7.14

 

14

3.84

9

6.25

 

15

3.57

10

5.55

 

14

3.33

Exemple : 

- si la donne a été jouée 11 fois et que la différence des notes est de trois en sa propre faveur, la prévision sera : 50+(5x3) = 65%

- si la donne a été jouée 11 fois et que la différence des notes est de trois en sa défaveur, la prévision sera : 50 - (5x3) = 35%

- si la donne a été jouée 8 fois et que la différence des notes est de 4 en sa propre faveur, la prévision sera : 50 + (7.14x4) = 78,56 %

- si la donne a été jouée 8 fois et que la différence des notes est de 4 en sa défaveur, la prévision sera : 50 - (7.14x4)= 21,64  %

 

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