LE CODE INTERNATIONAL 2007

Expliqué à ceux qui en ont besoin

CONSEILS A L ARBITRE pour son enquête.

 

Un arbitre, ou Directeur du Tournoi, doit être parfaitement au courant de son rôle et des responsabilités qui lui incombent :

- organisation du tournoi

- comptabilité des résultats (dépouillement)

- enquête pour s’assurer de la véracité des faits

- imputation de l'infraction (joueur fautif)

- défense du non fautif

- éventualité de circonstances atténuantes

- réparation du préjudice occasionné par l'infraction

- jugement dans l'application des pénalités

- rectifications des erreurs de procédure

 

Lorsque une loi prévoit des options, il doit toutes les mentionner en évitant formellement d'influencer les joueurs sur l'opportunité de tel ou tel autre choix mais sans omettre aucune des options que la Loi met à la disposition des joueurs. Ainsi par des explications exhaustives il évitera que d'autres infractions ne soient commises en sa présence à cause de sa négligence.

S’il est important de savoir quel joueur a attiré l'attention sur l'irrégularité il est aussi important de connaître le joueur qui a sollicité son concours. En général, le processus d’un appel se déroule comme suit : 

1/- l'un des joueurs est le premier à appeler l'arbitre dès que l'irrégularité se produit

2/- l'arbitre, occupé à une autre table,  tarde à venir

3/. un autre joueur l'appelle alors à nouveau après discussion avec les adversaires ou le partenaire.

4/- et comme il tarde à venir, un troisième joueur réitère l'appel avec force gestes et cris

5/- dès qu'il arrive à la table, les joueurs y compris le 4ème qui jusque là était resté tranquille, veulent l'informer de l'incident tous en même temps.

L’arbitre doit commencer par calmer les esprits :

S.V.P. chacun son tour. Qui est-ce qui m'a appelé en premier ? (ou autre phrase similaire).

Et l’enquête commencera par lui. Après avoir écouté attentivement les explications, il s’assure de la véracité des faits en veillant à ce que son interlocuteur ne soit interrompu à tout instant. Si les faits sont confirmés par les autres joueurs, il prend la décision ad hoc. En général, il n’y a pas de problème dans ce genre de situations. Mais si la moindre objection devait être élevée par n’importe lequel des quatre joueurs, il doit l’informer de son droit de faire appel. Si par contre sa décision n’est pas contestée, il veille à son exécution et continue sa tâche.

Il y aura problème lorsque les joueurs contestent la véracité des faits et que rien ne permet d’établir avec certitude la responsabilité de l’infraction. Inutile alors de s’éterniser en discussions inutiles, aucun joueur ne lâchera pas le morceau.  Il prend la décision qui lui paraît la plus juste pour permettre au jeu de continuer, et prévient les joueurs de leur droit de faire appel. Le tout avec calme et sans céder à une quelconque forme d’énervement.

Afin d’illustrer ces propos, prenons la situation où l'arbitre est appelé pour un Passe hors tour.Le joueur fautif ne conteste pas l'infraction, le carton est d'ailleurs tout seul sur la table, aucun autre ne pointe à l'horizon. Avant de se lancer dans des explications savantes, il doit expliquer à l'adversaire de gauche qu'en vertu des dispositions de la Loi 29_&A la possibilité lui est offerte d’accepter la déclaration auquel cas les annonces continueront normalement à la suite de ce passe ou de  refuser la déclaration auquel cas  la parole revient au joueur dont c’est le tour et entraîne pour le camp fautif d’autres obligations que l’arbitre doit détailler.

Avant de dire n'importe quoi, il vaut mieux qu’il consulte le Code. Il verra alors que la situation est bien plus compliquée qu’il ne pensait. Elle doit être analysée en fonction de la qualité du Passe :

si le Passe est conventionnel  inutile de s’attarder sur la Loi 30. Etant donné que ce passe comporte une dénomination implicite, il doit être considéré comme une enchère. On applique par conséquent la Loi 31.

- si le Passe n'est pas conventionnel :

          - a-t-il eu lieu AVANT que les enchères ne soient commencées ?

          - a-t-il eu lieu APRES que les enchères soient commencées ?

Et là il faut éviter de poser de questions stupides :

- si le carton est seul sur la table,  c'est que les enchères n'ont pas encore commencé

. s’il y en a d’autres, c’est le contraire à condition qu’au moins l’un d’entre eux comporte une dénomination. 

Le carton passe n’indique pas en effet une enchère mais une déclaration. (Dit en passant : l’enchère aussi fait partie des déclarations… mais cela est un autre discours dont on pourrait disserter longtemps ! Disons  que tout carton comportant une dénomination est une enchère et que tout autre carton est une déclaration, à l’exclusion des cartons Stop et Alerte dont le but est de prévenir l’adversaire qu’il serait de son intérêt de s’informer de la signification de l’enchère qui suivra). Dès établissement des faits, l’arbitre passera à l‘explication des différentes options dont les joueurs des deux camps disposent :

- le joueur fautif ne peut que passer à son prochain tour de parole ou jusqu'à la fin des annonces

- son partenaire peut enchérir comme bon lui semble, mais il lui est interdit, à ce tour,  de contrer ou de surcontrer, etc. etc.