PRINCIPES DE CONTRE - ATTAQUE

Alors que l'entame est la première carte d'une levée, une contre - attaque est l'action d'un joueur qui a pris la main en cours de jeu.  Les règles de contre-attaque présentent quelques similitudes avec celles de l'entame, à la différence que le contre-attaquant dispose de renseignements supplémentaires : mort étalé, opportunités de coupe ou défausse, reprises, signalisation du partenaire et autres éléments d'appréciation.
Une entame peut être ratée, une contre-attaque ne devrait jamais l'être. Là aussi intervient  le bon sens du joueur : faut- il laisser passer ? faut-il ouvrir telle ou telle autre couleur avant que le déclarant n'ait escamoté les perdantes qu'il y détient ? faut-il faire sauter une rentrée du mort ? et autres questions posées par la spécificité de la donne.
Les exemples qui suivent illustrent juste un petit peu, la manière dont un défenseur doit se prendre pour sortir gagnant de la guérilla qui l'oppose au déclarant.


1°/- LE COUP "DESCHAPELLES"  ( par la défense)

Pour la petite histoire ce coup a été l'œuvre du français Alexandre du Louis Honoré Lebreton Deschapelles  dans une partie de WHIST vers les années 1830.... et oui, en 1830 alors que le Bridge n'avait pas encore fait son apparition. A cette époque là, Deschapelles était considéré comme le plus grand joueur de Whist que le monde ait jamais connu. On lui doit l'invention d'autres techniques toutes aussi brillantes que ce coup dont le but est de  créer une reprise chez le partenaire :.

 

ª

A10  

 

 Sud joue le contrat de 3 SA.

Entame Dame de ¨. L' As sec fait la levée. Ouest ne peut pas exploiter les ¨ tant que le Roi de Sud arrête la couleur.

Il ne détient en effet comme rentrée que l'As de §.

Pour créer une 2ème rentrée dans la main du partenaire, il fallait espérer le Roi de ª dans sa main.  

©

RD86

¨

63   

§

RV1053

ª

R85   


         N
     O      E
        S

ª

D963  

©

9     

©

107543  

¨

DV10942

¨

A  

§

A84   

§

D62 

 

ª

V742

 

©

AV2

¨

R875

§

97               

 Après cette courte réflexion, Deschapelles joue la Dame de ª. Le Roi de ª devient la rentrée dont le partenaire avait besoin pour exploiter sa longue à ¨

 

 2°/- LE COUP "DESCHAPELLES"  ( par le déclarant) :

 

Le titre peut paraître inexact. Le déclarant sacrifie un honneur pour pouvoir communiquer avec le mort :  

 

ª

A2  

 

 Sud joue 3 SA

L'entame du Roi de ª fait sauter l'As du mort qui était la seule rentrée sûre pour exploiter les ¨

 Hypothèse de nécessité :

Le seul espoir de réussite est de trouver l'As de § en Ouest. S'il est en Est, le contrat est ingagnable quel que soit le maniement des §

©

2  

¨

V10987

§

R9654

ª

RDV10 


         N
     O      E
         S

ª

765    

©

6543  

©

V1098  

¨

65    

¨

432     

§

A83   

§

V107 

 

ª

9843

 

©

ARD7

¨

ARD 

§

D2               

 Après avoir établi l'hypothèse de nécessité, Sud passe à l'action
-          ARD de ¨  pour débloquer la couleur
-
          Dame de §
-
          Ouest réfléchit longuement et laisse passer
-
          Le Roi de § prend la Dame
-
          V10 de ¨

 

L'expert de service, toujours dans mes pensées, ne manquera pas d'objecter qu'il est préférable de jouer le 2 de § au lieu de la Dame car si l'As est en Est le contrat ne chute que d'une levée. En jouant la Dame on chute de deux. Qu'est-ce que cela peut faire de chuter d'une ou de deux levées si on a la chance de gagner  le contrat en trouvant l'As en Ouest ?  Il n'est pas exclu qu'elle ne soit capture immédiatement.
 

3°/- DOUBLE COUP DESCHAPELLES ( "coopératif" - quasi-coup de Merrimac)

 

Je prends les devants avant d'expliquer ce "Coup de Deschapelles". Notre expert, toujours en alerte, prétendra qu'il s'agit du "Coup de Merrimac".  Il n'en est rien, il n'y a que ressemblance. Il s'agit bien d'un "Coup de Deschapelles"  qui n'est pas à la portée du premier venu et encore moins du second. La donne suivante, où rien ne semble évident au plus commun des joueurs, ne date pas d'hier. Beaucoup d'années se sont écoulées depuis qu'elle a été jouée en partie libre  à tarif assez conséquent, je suppose. 

En défense, il n'y avait pas deux  manchots mais deux grands champions, John Ely Burchard en Est et Walter F.Wyman en Ouest. Le coup est resté dans les annales comme la plus brillante des défenses jamais effectuées. 

 

ª

643  

 

Sud joue 3 SA

Entame 2 de ª en 4ème meilleure

Nord a ouvert de 1 § et a répète la couleur 3 fois.

Croyant à une couleur solide, Sud conclut à 3 SA. Contre d'autres joueurs, il aurait

probablement réussi le contrat. Mais le coup se passa autrement : 

©

A7  

¨

A6   

§

DV10987

ª

A872  


           N
       O      E
           S

ª

R10  

©

10953 

©

R86      

¨

R94   

¨

108732

§

AR    

§

654   

 

ª

DV95

 

©

DV42

¨

DV5 

§

32               

1 - le Roi de ª pique fait la levée

2 - le Roi de © qui suit fait sauter  l'As du mort

3 - Dame de § prise  du Roi.

4 - le Roi de ¨ qui suit fait sauter l'As

5 - le mort est vraiment mort. Les § sont gelés.   

 

4°/- LE COUP DE MERRIMAC : 

 

ª

1084  

 

 

Sud joue le contrat de 3 S.A.

Ouest entame le 5 de §.

Est prend immédiatement de l'As pour  contre-attaquer du Roi de ¨.  Devant le danger représenté par la longue à ©, Il est urgent de faire sauter l'As de ¨.

La seule manière est de sacrifier son Roi de ¨.

 

©

RDV52

¨

A4   

§

864  

ª

D752  


            N
        O      E
            S

ª

963    

©

1096  

©

A43      

¨

102   

¨

R9653

§

D1075 

§

A2    

 

ª

ARV

 

©

87

¨

DV87

§

RV93             

 

Il va de soi que ce chapitre est un peu court et qu'il se limite à l'explication de quelques situations, somme toute pas si compliquées que cela. Le principe d'un retour obligatoire dans la couleur d'entame a été quelque peu écorché afin de faire comprendre qu'il ne doit pas être immuable et qu'il faut apprendre à y déroger.

 

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